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Les contorsions des commentateurs (1/5)

Comprendre l’abstention pour la transformer en un mouvement politique

mercredi 17 juin 2009

Les analyses portant sur les élections européennes ont donné lieu à des concerts d’esquives et à des jongleries d’une rare dextérité visant à escamoter la réalité de l’expression populaire. Cette tricherie semble d’ailleurs pour certains devenir une habitude, pour ce qui concerne les questions européennes au moins. Voilà une tentative pour donner toute sa place au phénomène majeur de ces élections — le refus massif d’y prendre part — et tenter de tracer des perspectives politiques.

Après que la campagne des européennes ait carrément été étouffée, la soirée électorale du 7 juin fut bavarde et l’agitation des jours suivants ne dément pas cette observation. Cependant, en devisant comme des commères, les commentateurs et les analystes se sont obstinés à ignorer effrontément l’importance de l’abstention et à ne décortiquer le scrutin que dans ce qu’il a de plus superficiel : les conséquences en terme de pouvoir, de géométrie d’appareils, de pipolitique et de luttes de courants. Les moulins à paroles ont été en action sur tous les médias : victoire ou défaite de tel parti, de telle personne, succès ou échec de telle stratégie, incidence sur la carrière de tel leader ou de tel tendance. Mais pas une trace d’analyses politiques portant sur la France, "l’Europe", notre politique étrangère ou les enjeux de la crise de la globalisation dont l’actualité est pourtant brûlante. Une seule rengaine à teneur politique a toutefois droit ce cité, celle sur la fatalité de l’Europe, qu’il faudra bien, selon nos "beaux esprits", finir par faire accepter à ces fichus électeurs.

En effet, qu’est-ce qui est dit de sérieux sur l’abstention, son ampleur, son aggravation continuelle ? Qu’a-t-on dit de cette élection qui suit le référendum bafoué, son ré-emballage intégral sous le sobriquet de "mini-traité", sa réédition en "traité de Lisbonne", sa ratification honteuse par nos "représentants" en février 2008 ? Que dit-on des dérégulations monétaires, financières, commerciales dont l’UE fut le fer de lance et dont nous subissions aujourd’hui l’aggravation des méfaits ? Qu’a-t-on dit de l’Europe face à la crise financière actuelle où, à l’inverse de toutes les promesses faites, l’Union a été si totalement inopérante et où ce sont les Etats, déclarés obsolètes par les partisans de "l’Europe", qui sont intervenus, dans la confusion, les tensions, les arrière-pensées, démentant tout ce qui nous fut seriné sur la dite "Europe". Qu’a-t-on dit de l’approbation par le parlement européen à 90% du "partenariat transatlantique" le 26 mars dernier ? Etc. etc.

Toutes ces questions étaient-elles hors sujet ? Absolument pas. Les citoyens s’en fichait-ils ? Pas du tout. Est-ce alors parce que toutes ces questions ont été escamotées, niées, caricaturées, que les citoyens ont boycotté ce scrutin ? Très certainement.

Mais pendant la campagne, comme depuis la publication des résultats, l’autisme le plus parfait règne parmi nos "élites", dont l’entendement est tellement altéré qu’elles ne sont même pas capables de concevoir que "l’Europe", les européens, leurs problèmes et leurs espoirs puissent ne pas être tels qu’elles les rêvent. Alors songez donc, prendre conscience que ces citoyens, non seulement ne veulent plus de leur "Europe", mais en plus lui sont franchement hostiles, tant la réalité est différente des promesses qui leur furent faites, supposerait de cette oligarchie un effort si fantastique, qu’il est à craindre qu’elle ne le fasse pas de son plein gré.

Faudra-il les y contraindre ? Faisons vite de la politique tant qu’il en est encore temps.

 

Sommaire : Bilan des européennes 2009

Lire la suite : La très nette victoire de l’abstention (2/5)

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