jeudi 24 août 2017 

européennes + 3000 jours

Les clefs du questionnaire

Des clivages multiples

vendredi 22 mai 2009

Une fois n’est pas coutume pour un questionnaire qui ambitionne de mettre à jour les aspirations et les inclinations des enquêtés : nous allons vous livrer les clefs de notre enquête, c’est-à-dire les catégories qui président à l’analyse des données que vous avez saisies en répondant aux 14 questions.

Commençons par remettre en perspective la question d’ensemble.

L’Europe, mais quelle Europe ?

Il faut le reconnaître, malgré les rêves d’Europe de certains et malgré leur satisfaction devant certaines réalisations, la "construction européenne" est plutôt en difficulté actuellement.

Pour expliquer le désenchantement vis-à-vis de l’Union Européenne, l’abstention croissante depuis 30 ans et le record qui menace le 7 juin prochain, le vote négatif au référendum de 2005 ou la défiance à l’égard de l’UE qui gagne partout en Europe, les uns ou les autres incriminent généralement les résultats des politiques de l’UE, l’absence d’intérêt des médias, l’ignorance des citoyens, la duplicité des politiciens qui font passer par l’UE ce qu’ils condamnent en face de leurs électeurs, l’opacité des institutions de Bruxelles, ou pourquoi pas la fameuse « exception française » et tant d’autres personnes morales ou physiques.

Le débat empêché

Quelque soit son bord, chacun conviendra qu’il n’y a pas que du faux dans ces divers commentaires. Observons cependant qu’ils ne sont pas décisifs, car aucune de ces critiques n’explique pourquoi, avant tous les travers dénoncés, à tort ou à raison, il nous est impossible d’avoir un débat sérieux, argumenté, précis sur ces questions d’Europe qui ont pourtant un impact si considérable sur la situation présente et l’avenir de nos vies et de notre pays.

Faillite dans les mots

En effet, la particularité dominante des questions liées à l’Europe c’est que nous sommes avant tout en face d’un débat bloqué par des arguments stéréotypés qui en plus de n’entretenir que des polémiques entre eux, ne rendent pas compte des questions qui se posent et des véritables enjeux.

« Anti-européen ! » « Pro-européen ! » « Nationaliste ! » « Européiste ! » etc. Que notre vocabulaire est riche de ces mots-symboles qui énoncent des jugements péremptoires et définitifs, annihilant d’entrée toute possibilité d’argumentation et de débat.

C’est une chose que d’être confronté à un problème et on l’aggrave si l’on est incapable de le nommer, mais c’est y rajouter de funestes et inextricables complications que de faire usage de mots inadéquats pour en parler.

Un clivage caricatural

Tous les clichés concernant l’Europe ont pour particularité de réduire la diversité évidente des opinions à un antagonisme à deux catégories seulement, dans laquelle chacune revendique d’être le bien et accuse l’autre d’être le mal : les "bienveillants" contre les "malintentionnés", les "sérieux" contre les "idiots", les "capables" contre les "incapables", etc. alors que de toutes évidences, les lignes des clivages sont plus complexes et plus nombreuses.

Des clivages multiples

Nous proposons donc de distinguer un nombre plus important de positions que celles qui sont habituellement en usage, et si possible, sans affubler qui que ce soit d’un sobriquet péjoratif.

- Les premiers qu’il nous faut identifier sont les partisans de la construction européenne telle qu’elle s’est faite et se poursuit : il s’agit des partisans de « cette Europe » , non qu’il veuillent fixer l’Europe une fois pour toute, ils ont des projets pour l’avenir, mais ils trouvent le bilan actuel très positif quant aux résultats et aux méthodes, et leur ambition vise à poursuivre ce bilan globalement positif. (voyez ces explications sur le "consensus de Bruxelles")

- Les deuxièmes, sont ceux qui veulent une « autre Europe » . Comme les précédents, ils sont très favorables à la "construction européenne", ils sont cependant en désaccord avec ceux qui sont aux responsabilités, car ils portent un idéal qui est toujours plus élevé et des exigences supplémentaires.

- Puis viennent ceux qui ne veulent plus de l’Union Européenne. Ils pensent qu’elle est un fléau, que ces principes sont pernicieux et qu’il est impossible de la réformer, que la seule solution est de rompre purement et simplement avec l’Union. Pour eux, point de salut sans « quitter immédiatement » l’UE. Ce n’est qu’une fois notre liberté retrouvée que la politique pourrait reprendre ses droits.

- Enfin, identifions ceux qui considèrent que la France doit proposer une réorientation totale de sa politique en Europe, une politique fondée sur l’ « indépendance et la coopération » . Ils sont également en désaccord avec le projet de constituer une Union Européenne, parce qu’ils pensent que c’est impossible, et que la réalité de l’UE le montre. Cependant pour eux il serait contre-productif de rompre comme sous le coup de la colère.

C’est ce clivage en 4 sensibilités, qui a donné lieu à un questionnaire dans lequel 4 réponses sont proposées pour chaque question.

Quatre groupes de questions

Les questions ont quant à elles été regroupées en 4 groupes. Il y avait bien d’autres possibilités, tant pour les questions elles-mêmes que pour les groupes thématiques, mais il fallait bien faire un choix, nous avons donc retenu :
- les questions qui ont trait à l’Europe rêvée
- celles liées aux institutions européennes
- celles portant sur les questions de diplomatie et de défense
- celles enfin portant sur les questions économiques sociales

Ceci étant posé, il suffit de croiser les données, et encore mieux de faire faire ce croisement par un ordinateur (ce qui n’est pas si simple !), pour obtenir des analyses comme s’il en pleuvait agrémentées de quelques graphiques (ce qui est beaucoup plus simple à produire).

Renouveler l’horizon dans lequel se déroule ce débat

Ainsi, notre enquête aborde ce thème rebattu de l’Europe, de ses institutions, de sa politique et des rêves qui le portent, d’une façon suffisamment décalée pour prétendre apporter quelques éléments propres à contribuer à renouveler l’horizon dans lequel se déroulent les débats sur l’UE, notamment à l’occasion des élections européennes de 2009.

Facebook Wikio Diggit Delicious Google Live Myspace Scoopeo Technocrati Twitter
un site du RCR |  plan du site |  nous contacter |  mentions légales |  crédits