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La réponse de Nathalie Griesbeck

Candidate Modem dans l’Est

jeudi 4 juin 2009

Europes2009 a invité les principales têtes de listes à remplir son questionnaire.

Mme Griesbeck nous a fait une très longue réponse, que nous publions ci-dessous.

Question 1/14

Selon vous, comment l’Europe devrait-elle être idéalement organisée !?

Réponse 1 : Dans une union plus étroite, notamment pour les questions économiques, sociales, fiscales et environnementales

Question 2/14

Pour vous, le rejet de la "constitution" européenne par la France lors du référendum de 2005 est ! :

Il est très difficile d’analyser les raisons profondes du rejet du projet de traité constitutionnel par les citoyens, dans la mesure où nous ne disposons pas d’indicateurs scientifiques précis sur les points de désaccords qui ont conduits les Français à voter Non. Les raisons qui ont été exprimées sont multiples et parfois sans lien avec le projet de traité lui-même.

En tant que démocrate, il était juste de s’incliner devant le choix des électeurs. Il n’en demeure pas moins qu’il nous faut redéfinir l’ossature institutionnelle de l’Union européenne forte de 27 Etats membres, alors que le traité de Nice a été pensé pour un fonctionnement à 15.

Si l’Europe parvient à se doter rapidement d’un nouveau traité prenant en compte cette dimension institutionnelle et nous permette de mettre fin, par exemple, au quasi droit de véto des Etats membres, alors il sera possible de considérer que nous avons franchi une étape risquée qui aurait pu coûter cher à la France et à l’Europe.

Question 3/14

Que pensez-vous du traité de Lisbonne qui remplace la "constitution" !?

La vie politique est nécessairement faite de compromis pour permettre à chacun de se retrouver dans une société que nous avons en commun. Il n’est cependant pas possible de répondre à 100% aux désirs de chaque individualité.

Le traité de Lisbonne ne répond pas, à mon sens, à l’ensemble des enjeux auxquels nous devrons faire face mais il permet d’avancer. Il faudra voir dans quelle mesure nous pourrons rediscuter des fondements de notre organisation institutionnelle dans les prochaines années.

Question 4/14

Selon vous, l’Europe est-elle démocratique !?

Oui, l’Europe est démocratique car nous élisons les députés européens au suffrage direct ainsi que les chefs d’Etat qui nous représente au sein du Conseil. Les membres du gouvernement, qui nous représentent au sein du Conseil des ministres, tirent leur légitimité d’un vote de confiance de l’Assemblée nationale.

Quant aux 27 commissaires, ils sont désignés par les Chefs d’Etat et de gouvernement dans un premier temps puis sont investis (ou non) par le Parlement européen. Le MoDem par exemple a déjà annoncé qu’il ne votera pas en faveur de la réinvestiture de José Manuel Barroso qui a incarné tout au long du dernier mandat à la fois une politique ultralibérale que le Parlement a souvent dû combattre et s’est montré par ailleurs un allié constant du Conseil, dominé par les conservateurs, au lieu de garder une certaine neutralité.

Mais en tous cas, la désignation des représentants des citoyens au sein des différentes institutions est tout à fait démocratique. C’est à chacun d’entre nous d’aller voter pour influer sur les grandes orientations qui seront prises.

Question 5/14

Que pensez-vous de l’élargissement de l’UE à 27 membres !?

Il le fallait, mais l’élargissement ne doit pas se faire au détriment de l’approfondissement

Question 6/14

Pour vous, l’abstention aux élections européennes est l’expression :

Je ne peux répondre à cette question dans la mesure où les élections n’ont pas encore eu lieu et j’espère que l’abstention sera la plus faible possible. En tout état de cause, les raisons de l’abstention sont toujours multiples et impossibles à traduire de façon précise. L’abstention consiste à ne pas s’exprimer. Alors comment peut-on traduire la volonté de quelqu’un qui ne dit rien.

Dimanche, les citoyens n’auront pas le choix entre seulement un ou deux candidats. Et il ne s’agit pas d’un vote à deux tours parfaitement binaire.

Dimanche, les électeurs auront le choix entre de nombreux projets (19 dans le Grand Est), tous extrêmement différents les uns des autres et c’est à eux de choisir. C’est la démocratie.

Question 8/14

Que change l’Europe dans la crise actuelle !?

L’Europe nous protège effectivement dans cette situation de crise. Il suffit de regarder ce qui se passe dans les pays qui nous entourent et qui ne sont pas dans l’Union européenne, ou même dans la zone euro : c’est tout simplement le chaos.

Pour autant, oui, l’Europe doit faire encore mieux. Le MoDem fait de nombreuses propositions de réforme, notamment du système de régulation financière, mais la situation serait encore bien plus grave si nous n’étions pas une Europe forte et solidaire.

Actuellement le Franc ne vaudrait plus rien. Regardons les difficultés que rencontrent nos amis britanniques ou nos amis hongrois pour nous en convaincre.

L’Europe nous protège mais il faut effectivement aller plus loin en termes d’harmonisation sociale, fiscale, de protection de la santé, de l’environnement, de politique énergétique et de lutte contre le réchauffement climatique.

Question 9/14

Pour vous, face au dumping social et aux délocalisations, il faut ! :

Beaucoup d’éléments que vous citez sont effectivement à prendre en compte.

Pour éviter les délocalisations, il faut à la fois lutter contre le dumping économique, social, fiscal, environnemental, pour empêcher les distorsions concurrence, mais également maîtriser nos coûts de production pour améliorer la compétitivité des entreprises et leur permettre d’investir dans la recherche et l’innovation. Il est important de maintenir notre compétitivité et notre attractivité pour nous permettre d’assurer le maintien de nos emplois sur le moyen et long terme pour nous-mêmes et comme pour nos enfants.

Question 10/14

Souhaitez-vous que l’UE se dote d’un président et d’un ministère des affaires étrangères !?

- Oui, cela renforcera la voix de l’Europe dans les relations internationales

- Oui, ce sera une étape utile en vue de renforcer les institutions de l’UE

Question 11/14

Souhaitez-vous une défense européenne !?

- Oui, c’est indispensable pour qu’enfin nous ayons une Europe puissance, capable d’assurer ses missions de défense classique mais également d’intervenir sur la scène internationale, dans le cadre de missions humanitaires, d’aide au développement ou en cas de conflits en tant que force d’interposition.

- Oui, c’est une étape de l’unification qui fera progresser l’Europe vers une paix vraiment durable

Question 12/14

L’UE doit-elle se lier à l’OTAN pour sa défense !?

Notre partenariat avec l’OTAN est nécessaire mais je regrette la décision prise unilatéralement par le Chef de l’Etat visant à ce que la France rentre dans le commandement intégré.

Il nous faut instaurer une Europe de la Défense véritablement indépendante, ce qui sera plus difficile désormais car l’indépendance de la grande puissance militaire qu’est la France permettait, jusqu’à présent, de porter une autre vision que celle de l’OTAN et des américains. L’histoire récente de la guerre d’Irak nous l’avait pourtant enseigné.

Question 13/14

L’Europe a-t-elle tenu ses promesses !?

L’Europe tient les promesses qu’elle a faites mais ne peut emporter la responsabilité des politiques que les Etats membres et le peuple européen ne lui a pas confié.

L’Europe nous a apporté la paix et une certaine prospérité dans le cadre d’une économie mondialisée qui s’impose à nous. Son modèle social permet une prise en compte des personnes plus vulnérables et une certaine redistribution des richesses même s’il reste encore beaucoup à faire en donnant à l’Union européenne de nouvelles responsabilités pour lesquels les Etats membres eux-mêmes n’ont jusqu’à présent pas réussit à faire face seuls.

Le problème est que nous reprochons souvent à l’Union européenne des manquements qui sont le fait des Etats membres eux-mêmes.

Question 14/14

Pour quel genre d’Europe êtes-vous ?

Nous devons repenser globalement notre système politique en remettant l’Homme au cœur de nos préoccupations. Le cadre institutionnel du traité de Lisbonne devrait nous permettre d’agir en approfondissant l’acquis communautaire existant et en se fixant de nouvelles priorités sociales, environnementales et de codéveloppement avec nos partenaires des pays du sud.

 

 

Europes 2009 :

Merci Mme Griesbeck de vous être donnée la peine de rédiger une si longue réponse. C’est avec grand intérêt que nous aimerions débattre de ces questions avec vous.

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