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4/4. Sortir de l’UE par l’instauration de traités de coopération

Réussir l’ordre international qui suivra le désordre actuel

vendredi 22 mai 2009, par RCR

Citoyennes, Citoyens, il existe bel et bien un chemin qui échappe à la fois à la "construction européenne" supranationale, aux vains espoirs de "l’autre Europe" et à l’aventure de la rupture fracassante avec l’Union européenne. Permettez-nous de vous présenter le chemin à suivre.

Oui, il faut en finir avec les politiques supra-nationales, néo-libérales, libre-échangistes qui sont au coeur de la "construction européenne" (comme de l’OMC d’ailleurs). Oui, c’est possible et urgent. Car ces politiques sont nécessairement anti-démocratiques, anti-sociales, anti-économiques, vu que le principe de la supranationalité, qui est nécessairement oligarchique, contient aussi sa forme de politique économique et sociale ainsi que sa diplomatie. De ce fait, depuis des dizaines d’années, à chaque cycle de négociation depuis l’Acte unique dans les années 80, on nous promet la lune, mais ces promesses n’ont jamais été tenues. Au contraire, c’est par le biais de l’UE que la destruction de l’Etat social, né du programme du Conseil National de la Résistance, a été exécutée.

Dernière salve contre "l’Europe" et "l’autre Europe"

On peut avoir partagé cette utopie, on peut avoir cru à ces promesses, mais au bout d’un certain temps, la raison, l’honnêteté intellectuelle et le courage aussi, demandent de prendre en considération les faits et d’en tirer un bilan : la politique de l’UE est négative, elle a été le cheval de Troie par lequel les pays du Vieux continent ont été soumis à la globalisation. En demandant toujours aux citoyens un délai ou un effort supplémentaire avant de toucher vraiment les dividendes de leurs sacrifices, elle a enrichi le monde de la finance, appauvri le monde du travail, fait progresser la précarité, déstabilisé les débats démocratiques des pays de l’UE, détruit de l’activité économique par une application fanatique de la concurrence. Comme le dit le proverbe latin : « errare humanum est, perseverare diabolicum » (l’erreur est humaine, mais persévérer [dans l’erreur] est diabolique).

Ici opposons une fin de non recevoir aux caricatures qui sont systématiquement faites : non, l’alternative n’est pas entre l’Union européenne (ou la globalisation heureuse) d’un côté et le "recul", le repli sur soi, l’isolement de la France, l’autarcie de l’autre. Il y a une multitude d’ordres internationaux possibles et aucune fatalité qui nous condamnerait à l’un quelconque d’entre-eux. C’est la qualité de la politique que nous serons capables de produire qui décidera.

Question de méthode

Quoi qu’il en soit, défaire cette "Union Européenne" sera un processus, non pas seulement un coup d’éclat. Et notre but ne doit pas être de réussir un divorce fracassant, mais de réussir l’ordre international qui suivra le désordre actuel. Car quand on est la France, on ne claque pas la porte d’emblée. Quand on est la France on fait ce qu’on peut, et on peut beaucoup, pour peser dans le concert des nations. Quand on est la France on se donne du mal pour imprimer une forme aux relations internationales plus conforme à notre expérience historique et à nos valeurs républicaines. Quand on est la France on essaie de donner de nouveaux traités au monde, parce que l’outil de l’organisation des relations internationales, c’est le traité. Quand on est la France on a pour but d’animer la coalition des Etats qui imposera des changements à l’empire et aux intérêts qui dominent actuellement le monde. Et tout cela, si c’est présenté clairement, objectivement, simplement, tout cela n’aura rien d’arrogant.

Construire l’avenir : démocratie, traités et coopérations

Ainsi pour défaire le carcan de l’UE, nous devrons rendre possible un double mouvement : vers le national, qui est le cadre de la démocratie, et vers l’international, sous la forme de traités internationaux : de régulation de la globalisation d’une part et de coopération d’autre part.

D’un point de vue formel, la solution réside dans une "sortie par le haut" et non dans un retour "à la situation d’avant" qui de toute façon est à jamais révolue. Nous allons donc devoir faire des propositions alternatives pour re-réguler la globalisation et mettre en œuvre des coopérations internationales. L’élément clé de la réussite de cette politique réside dans notre capacité à faire en sorte que partout les citoyens puissent la comprendre, que la culture politique de l’après-UE prenne racine dans notre pays, dans la mentalité des Français d’aujourd’hui, ainsi que chez nos partenaires de l’UE et dans les pays au-delà avec lesquels nous mèneront également ces coopérations internationales.

En politique, c’est le chemin qui est le but, car l’histoire, qui n’a pas de fin et dans laquelle toutes les générations devront porter le fardeau de leur politique, est indéterminée et réclame que ses contemporains successifs reprennent toujours la situation qu’on leur laisse pour essayer de l’améliorer. Pour la génération d’aujourd’hui nous devrons vaincre la funeste rencontre entre la volonté de dominer des oligarchies alliées aux moyens que leur donne notre époque et la paresse des citoyens et des peuples qui préfèrent n’être responsables de rien, tant que, depuis le début de la société de consommation, une sorte de corne d’abondance techno-industrielle semble pouvoir spontanément satisfaire tous les besoins matériels.

Enfin, au bout d’un temps de négociation qui sera jugé suffisant, si certains pays ne veulent pas entendre que l’époque des expérimentations politiques supranationales pour l’Europe est finie et s’obstinent à refuser nos propositions, il sera alors toujours temps de rompre unilatéralement les traités actuels avec ceux qui ne seront pas d’accord, mais alors seulement, car à ce moment nous serons totalement légitimes à le faire car compris par les citoyens de partout et certainement soutenus pas nombre d’entre eux, car entre temps nous aurons provoqué les circonstances qui auront permis de propager nos idées face aux idées actuellement dominantes de la globalisation. C’est cette transformation des mentalités qui doit être le premier but de notre politique et de la politique de la France.

 

- consulter les autres articles de la série "Classification des opinions sur l’UE"

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